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Sunday 17 February 2008

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La mesure « M » : adapter son jeu au niveau des blinds

La mesure « M » est le rapport entre le stack (nombre de jetons) d’un joueur et la somme des blinds et ante (de tous les joueurs) actuels.

Ce chiffre « M » vous indique alors le nombre de tours que vous pouvez encore jouer avant que les blinds et ante n’aient consumées votre stack. Ce « M » va alors influencer votre façon de jouer.

Exemple : vous avez 500 chips en main, les blinds sont à 50/75, les ante à 5, et vous êtes 8 joueurs à table. Votre « M » sera donc le suivant : 500 ÷ (50 + 75 + 8x5) = 3. Vous pouvez donc encore jouer 3 tours avant de vous faire sortir de la table.

Quelle influence aura ce « M » sur votre façon de jouer, et celles des autres joueurs (qui ont leur propre « M ») ?

  • Si votre « M » est supérieur à 15, vous êtes très bien placé dans la partie. Vous pouvez continuer de jouer sans trop vous soucier des autres. Ne prenez pas trop de risques, mais ne laissez pas pour autant filer les bons coups !
  • Si votre « M » est entre 6 et 15, il va falloir vous ressaisir un peu ! Vous êtes dans une zone qui, si vous n’agissez pas, risque de vous attirer vers le bas, vers les joueurs prêts à se faire sortir. Il faut donc jouer de façon un peu plus agressive, tenter des gros coups, essayer de voler les blinds, relancer avec des mains de type As-10, voire tenter un all-in sur une bonne main.
  • Si votre « M » est inférieur à 6, vous êtes en zone rouge. Les autres joueurs n’attendent qu’une seule chose : vous sortir ! Ne perdez plus une minute et tentez par exemple un all-in sur une bonne main, dès que possible. Tentez de voler les blinds.

La mesure « M » des vos adversaires doit de plus vous renseigner sur leur façon de jouer :

  • Si vous voyez par exemple qu’un adversaire à un « M » petit, son stack étant faible, vous devez avoir en tête que ce joueur peut à tout moment partir en all-in. Ne tentez donc pas de vous battre avec un joueur ayant un petit « M » si votre main n’est pas très bonne.
  • Si votre adversaire à un « M » confortable (plus que 15), il peut se permettre de vous suivre, voir de vous relancer, plus facilement. Evitez donc de vous confronter à eux si votre main n’est pas une tueuse. S’ils n’ont pas encore parlé, soyez prudents et ne montrez pas encore votre stratégie. Ne tentez de plus pas un vol de blind ou un all-in avec un joueur au « M » confortable si votre main est médiocre.

Alisha R., Vevey

Ne jouez pas au poker comme à la TV !

Je joue souvent avec des amis au poker. Certains d’entre eux ont la fâcheuse tendance à jouer au poker comme s’ils étaient des stars du poker à la télévision.

Autrement dit : ils bluffent constamment, durant toute la partie.

Mais ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que les émissions de poker qui diffusent des parties et tournois ne sélectionnent que certaines mains, les plus stratégiques, les plus incroyables. Le montage de ces émissions laisse alors croire que les stars du poker ne font que bluffer et sont hyper-agressifs. C’est faux !

De plus, les émissions de télévision ne diffusent souvent que les fin de tournois, les phases finales, lorsque les blindes sont hautes et qu’il faut jouer le tout pour le tout afin de rester en jeu. Au début des tournois de poker, les bluffs sont très rares !

Malik S.

Saturday 16 February 2008

Vous avez dit "slow play" ? Et « check raise » ?

Le slow play (que l’on pourrait traduire par « jouer tranquillement ») est une technique jouissive qui consiste à miser très peu, voire rien du tout, alors que sa main est très bonne.

Le but est de piéger vos adversaires en les faisant miser à votre place et à ainsi faire croitre le pot, que vous pourrez alors rafler par la suite.

Prenons un exemple : le flop tombe et vous avez un full. Si vous relancez trop fortement, ou même si vous vous mettez tapis, vous risquez de voir vos adversaires se coucher les uns après les autres. Certes le coup sera gagnant pour vous, mais le but du poker n’est pas de juste gagner un coup, mais de gagner le plus de jetons possible lors d’un coup !

Dans notre exemple, il serait donc conseillé de faire un slow play : vous checkez ou misez juste un peu. Ainsi vos adversaires vont certainement miser et continuer à faire grossir le pot sans se douter de votre manoeuvre.

Voyons maintenant le check raise.

Encore un piège pour vos adversaires, qui se rapproche de la technique du slow play. Cela consiste lorsque vous avez une très bonne main à faire un check, en espérant que vos adversaires misent à votre place. Une fois le piège tendu, et le pot augmenté, vous faites une relance (raise).

Et là trois possibilités vont se profiler :

  1. Vos adversaires vont se coucher et vous gagnez.
  2. Vos adversaires, qui ont déjà trop misé avant, vont poursuivre le coup et vous toucherez un pot encore plus intéressant.
  3. Vos adversaires vont penser à un bluff de votre part, vont alors miser encore plus, et le pot que vous gagnerez avec votre main sera encore plus intéressant.

Mike2020

Le semi-bluff

Le semi-bluff consiste à miser ou à relancer lorsque sa main n’est pas la meilleure, mais qu'elle a néanmoins une bonne chance de s’améliorer par la suite, et de devenir la meilleure main.

Le semi-bluff vous offre donc deux manières de gagner le pot : 1) Votre adversaire va peut-être se coucher 2) S’il ne se couche pas, et que vous touchez la carte adéquate, de remporter le coup avec la meilleure main.

Il y a des mains qui sont parfaites pour ce genre de semi-bluff : les tirages quintes (suites), si possible par les deux bouts, et les tirages couleur.

Lauretta, 27 ans, Lausanne

La technique de « mise de continuation » (continuation bet en anglais)

La mise de continuation est une manœuvre stratégique assez classique, mais qui porte ses fruits. Il s’agit, lorsque vous avez relancé avant le flop, et que celui-ci ne vous a pas souri, de miser quand même, si possible de façon agressive.

Vous donnez ainsi à vos adversaires l’image d’un joueur ayant un bon jeu en mains, et ces derniers vont certainement se coucher.

Mais attention :

  • Ne misez pas trop de jetons, car il se peut qu’un adversaire ait lui réellement un bon jeu et qu’il vous suive ! Ne misez pas plus que 50% du pot, par sécurité.
  • Ne tentez pas une mise de continuation avec plus de un ou deux adversaires en même temps. Plus il y a d’adversaires, plus vous risquez de vous confronter à de bonnes mains, qui ne vont pas se coucher.
  • Une mise de continuation ne doit se faire que si le flop est « mauvais » pour les adversaires. Des cartes sans tirage suite ou couleur possible par exemple.

Lauretta, 27 ans, Lausanne

Les chances de victoire d'une main au poker

Il est indispensable de connaître en tout temps ses chances de remporter une main au poker. Inutile de miser, de relancer ou de se mettre all-in sans avoir une idée (même vague…) de la probabilité de remporter son coup. Cette probabilité va de plus influencer la mise que vous allez pouvoir jouer.

Il est bien sûr impossible de connaître la main de son adversaire (sauf lors du showdown en fin de coup), mais il faut évaluer la valeur de votre jeu contre la meilleure main possible de son adversaire.

Voici donc quelques statistiques « pré-flop » à connaître si possible par cœur :

  • Une carte identique et une autre plus haute (par exemple As-Roi contre As-Dame) : 70% contre 30%.
  • Une paire haute contre une paire inférieure (par exemple Roi-Roi contre 10-10) : 80% contre 20%.
  • Une paire contre deux cartes supérieures (par exemple 9-9 contre Roi-Valet) : 55% contre 45%. C’est presque un « pile ou face », un 50/50.
  • Une paire contre une carte supérieure et une inférieure (par exemple Valet-Valet contre As-8) : 70% contre 30%.
  • Une paire contre deux cartes inférieures (par exemple Dame-Dame contre Valet-8) : 85% contre 15%.
  • Deux cartes supérieures contre deux cartes inférieures (par exemple Valet-9 contre 8-6) : 65% contre 35%.
  • Une carte plus haute, une carte plus basse (par exemple Roi-5 contre Valet-9) : 55% contre 45%. Un « pile ou face » dirons-nous.

Ronald V. - Bienne

Comprendre la rentabilité d’une mise et les cotes au poker

Inutile de se dire bon joueur de poker sans comprendre la rentabilité d’une mise et utiliser le principe des cotes. La rentabilité d’une main au poker se mesure en comparant sa cote avec ses chances de victoire. La cote d’une main correspond aux bénéfices en cas de victoire contre la somme que l’on doit miser.

La formule de rentabilité est très simple : mise ÷ (bénéfice + mise)

Prenons un exemple concret :

Il y a 600 dans le pot central. Votre adversaire mise 200 jetons. Le pot est donc maintenant de 800 jetons (600 + 200) et vous devez payer 200 jetons si vous souhaitez suivre votre adversaire.

La cote de ce pot est donc de 800 (la valeur du pot) contre 200 (la mise que vous devez payez), soit 4 pour 1.

Pour être rentable, il faut que vos chances de remporter ce pot soient plus grandes que 200 ÷ (800 + 200), soit 200 ÷ 1000, soit 20%.

Si la main que vous détenez possède 20% ou moins de chances de gagner ce coup, vous ne devriez pas suivre votre adversaire.

Ronald V. - Bienne

Savoir reconnaître les divers types de joueurs de poker

Bien jouer au poker ne consiste pas à avoir de bonnes mains. Il faut surtout être psychologue et arriver à (re)connaître la façon de jouer de ses adversaires.

Il faut notamment arriver à classifier les joueurs d’une table dans un des « types de joueurs » suivants, et s’adapter à leur façon de jouer :

  • Le/la débutant(e) : il joue beaucoup (trop…) de mains. Il a tendance à suivre plutôt qu’à relancer. Ne tenter pas un bluff avec lui, cela ne fonctionnera pas car il ne les comprend pas. Il mise souvent trop, même pour des mains faibles.
  • Le/la débutant(e) bluffeur : ayant trop regardé de tournois de poker à la TV (qui ne montrent que les meilleures mains et coups stratégiques), il pense jouer comme un pro. Il joue beaucoup de mains, il bluffe beaucoup et fait trop souvent des all-in.
  • Le/la psychopathe : il mise tout le temps, comme un fou. Il ne se couche jamais. Il adore se vanter et énerver les gens.
  • La serrure : très prudent, il ne joue que ses meilleures mains. Il ne mise gros que lorsque son jeu est très bon. Il est prévisible.
  • Le/la solide : il joue des mains de bonne qualité. Il aime attaquer tout en maitrisant bien le jeu.
  • L’agressif/agressive : il mise beaucoup de mains et bluffe très souvent. Il est difficile à lire (comprendre, anticiper). Son style de jeu le met souvent en danger.

Tiwee930